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Tournée générale. [Samwell]

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Loka
Chef des chevaliers d'Irianeth
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25.07.17 17:32
Samwell... Ce sale petit...

Les mots ne vinrent même pas. J'avais toujours été incapable de mettre des mots sur la haine froide que j'éprouvais pour l'immondice qu'était le chef des sorciers Impériaux.

En fait si, un mot venait aisément à mon esprit quand j'avais Sire Sam, comme je me plaisais à narquoisement nommé ce petit fils de la noblesse Impériale, en tête: dérangeant. Sa vue, son aura, son attitude; tout me dérangeait chez lui, tout était synonyme d'une gêne abjecte lorsque je devais me tenir non loin de lui. Il n'y avait définitivement pas créature plus détestable que lui sur le continent.

Il était donc aussi surprenant qu'inquiétant que je me dirige actuellement vers ses quartiers un fin sourire aux lèvres, un sourire dénué de toute facétie ou joie bien sûr; un sourire mauvais, mesquin et perfide. Et ce n'était définitivement pas l'idée de rendre visite au sorcier en chef qui pouvait faire naître un tel sourire sur mon froid visage, non; les raison de cette visite suffisaient amplement. Car l'un de mes vœux avait récemment été exaucé par notre très cher, et il n'y avait cette fois aucune ironie dans les pensée de la cheffe des chevaliers, Empereur: il m'avait été "ordonné", nulle tâche aussi plaisante ne pouvait être qualifié d'ordre, de me charger d'une inspection complète des travaux et lieu de travail des sorciers Impériaux. Non pas que j'étais particulièrement qualifiée pour la tâche, loin de là même; mais j'avais avec pertinence fait remarquer qu'aucun sorciers ne serait capable d'objectivement jugé le travail de ses airs, et que de toute façon aucun d'entre eux ne laisserait un de ses collègue poser les yeux sur ses travaux.

C'était donc l'esprit plein des joyeuseries auxquelles je pourrait m'adonner avec les travaux de ce cher Samwell que je poussais sans ménagement la porte de son local. C'était bien la première fois que j'y mettais les pieds, et un coup d’œil nauséeux à ce dernier m'annonça que je souhaitais très clairement que ce soit la dernière. Je vis ensuite Samwell à son bureau, probablement affairé à de quelconques travaux. Je jaugeais un instant le gamin des yeux, car oui, OUI; comble de l'horreur cet homme infect et de seulement trois ans mon cadet ressemblait à un enfant de douze ans à peine.

Quelle sorcellerie abjecte avait été mise en oeuvre pour qu'il obtienne un tel résultat ? Une part, parmi les plus raisonnables, de mon esprit n'avait pas a moindre envie de connaître ne serait-ce que les prémices des expériences qu'il avait dû mené pour ressembler à... ça. Je toisais donc cet enfant que je répugnais tant, le sourcil droit arqué dans une expression faciale respirant le mépris, je souri. Un sourire superbe, une oeuvre d'art aurait pu dire un peintre: parfaitement courbé et ne révélant qu'une poignée de dents d'une blancheur impeccable.

"-Mon cher Sire Sam, vous n'avez pas; j'espère, oublié que je venais vous rendre une petite visite officielle dans... Ma voix perdit quelques instants de son intense mépris pour parvenir à masquer avec difficulté tout le dégout qui perlait de mes mots. Dans votre charmant et visiblement très personnel laboratoire. Un nouveau sourire, ouvertement mesquin mais toujours impeccable vint éclairer mon visage, vous semblez en tout cas vous porter bien mieux ici que dans le palais, je vois enfin quelques couleurs éclairer votre charmant visage; vous devriez penser à ne plus quittez cette pièce un moment, le temps que votre teint s'améliore."

Et encore une fois je ponctuais ce condensé de mesquinerie de bas étage par un très large sourire. Je n'étais pas bien fière des étalages de bassesse dont je pouvais faire preuve en la présence de ce foutu gamin mais ils étaient incontrôlable. Je ne pouvais évidemment cracher à la figure blafarde de ce petit être malfaisant, pas même en privé; mais il m'était impossible de garder la moindre once de décence en sa présence.

Je lui tournais à présent le dos pour refermer derrière moi la porte de son laboratoire, un court et heureux instant de répit. Je haïssais cet homme de tout mon être mais je haïssais encore plus son allure, son visage poupin sa peau juvénile... Et cet immonde œil ouvert que je savais caché derrière son bandeau. Mais patience me disais-je, si tout se passait bien j'aurais aujourd'hui enfin matière à lâcher un véritable rire en sa présence.
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Samwell
Chef des sorciers impériaux
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25.07.17 18:39
Samwell faisait tranquillement des recherches. C’était ennuyant, mais on va dire que c’était nécessaire. Assis derrière son bureau, un vieux livre ouvert sur sa gauche et une feuille de parchemin vierge sur sa droite. Il se craqua les doigts méticuleusement tout en jetant un œil à ce qui l’entourait. L’avantage d’être Chef, c’était le fait d’avoir une plus grande salle pour son bureau. Son bureau qui était aussi son laboratoire. A vrai dire, il y avait un rangement bien spécifique. Au fond de la salle au centre, il y avait le bureau où Samwell était assis actuellement. Ce bureau, dont le siège était pourvu d’un coussin moelleux, sert à avoir un endroit confortable pour écrire des lettres ou faire des recherches, mener des projets, et ainsi de suite. Sur le côté droit, il y avait d’immenses bibliothèques remplies de parchemins enroulés et de livres tous plus vieux les uns que les autres. Samwell se faisait une petite collection personnelle des livres qu’il trouve intéressant, quant aux parchemins, certains relatent simplement de son histoire, son passé, comme un carnet de voyage ; d’autres contiennent des recherches sur des potions ou des sorts, dont la plupart n’ont pas étaient concluants par manque de connaissance. N’être obligé de faire des recherches que sur le continent d’Irianeth restreignait pas mal ses projets, Samwell était quasiment certains de pouvoir faire des trouvailles du côté d’Enkidiev qu’il n’y a pas sur Irianeth – et inversement d’ailleurs. L’avantage d’avoir une famille travaillant la terre était qu’il avait un panel de plantes impressionnantes pour ses potions. Du côté gauche, il y avait des armoires et des tables contenant des bocaux divers. Il y a des plantes, mais aussi des organes vitaux d’animaux soigneusement maintenus dans un liquide empêchant leur décomposition. Il y avait d’autres choses non-identifiées peu ragoutantes qui trônaient tels des trésors sur les étagères des armoires. Il y en avait une d’ailleurs qui était vitré pour laisser voir son contenu. Des fioles de potion en tout genre pour diverses utilisations. Il y avait des fioles de différentes tailles dont le contenu avait différentes couleurs, parfois même semblait-il y avoir des choses plus solides à l’intérieur. Au centre de la pièce se trouvait une grande table ronde où Samwell menait ses expériences diverses, où était disposé ses ustensiles. Une fenêtre égayée la pièce de la lueur du soleil, la rendant moins sinistre.
Samwell eut un sourire victorieux et froid. Il avait réussi à monter les échelons malgré son apparence juvénile, et avait réussi à obtenir le respect de quelques uns de ses comparses. Il y en avait qui continuer de ne le voir que comme un gamin incompétent, qui n’avait rien à faire en tant que Chef des Sorciers, mais Samwell les ignorait tout simplement. Qu’importait s’il y avait des personnes qui doutaient, cela ne l’empêcherait pas de le mener jusqu’à son but : devenir Empereur. C’était d’ailleurs principalement dans ce but qu’il menait des recherches en tout genre sur des potions. Pour pouvoir tuer les têtes gouvernantes et prendre leur place par la force. Un coup d’état. Cependant, il se gardait bien de mettre par écrit les véritables raisons de ses recherches. Officiellement, ce n’était simplement que pour permettre d’augmenter la puissance de l’Empire.
Poussant un soupire, il prit sa plume, la trempa dans son encrier avant de plonger dans sa lecture.

Ce n’est que quelques heures plus tard qu’il fut dérangé. D’une manière violente et indélicate, en plus d’être irrespectueuse. Levant son œil saphir en direction de la porte, il fut particulièrement déçu de voir que c’était Loka, la chef des Chevaliers. Si cela avait été n’importe qui d’autres, il se serait empressé de lui faire regretter son impolitesse, et il s’en serait souvenu toute sa vie. Malheureusement, Loka était son « égal hiérarchique », bien qu’il ne la considérait pas comme tel, il n’avait pour le moment pas le droit de lui faire du mal.
Samwell poussa un soupire tout en nettoyant sa plume pour la ranger, silencieusement et calmement. Loka quant à elle, lança les hostilités, et Samwell, bien que ses délicates oreilles ne soient irritées rien qu’en entendant le son de sa voix, l’écouta bien sagement, les mains jointes sur son bureau. Il eut un sourire sadique alors qu’elle lui lança une pique faussement courtoise. C’était presque devenu un jeu entre eux, et d’un point de vu extérieur, cela pourrait même paraître une relation amicale. Ce qui n’en était rien.

« Je me porte à merveille merci bien de vous en préoccuper, Dame Loka. » Il insista bien sur le « Dame », y imprégnant toute l’ironie dont il pouvait faire preuve. Car en effet, Samwell avait du mal à la considérer comme tel. Et cela n’avait rien à voir avec sa jeunesse de corps, puisqu’étant vieux d’esprit, il savait reconnaître la beauté d’une femme mure. Il attendit qu’elle ferme la porte et qu’elle lui fasse de nouveau face avant de reprendre. « Cependant, ne vous inquiétez pas, je reviendrais dès que possible vous voir. Après tout, sans moi vous semblez un peu trop vous relâcher, semble-t-il que vous ayez pris un tour de taille à vu d’œil. Il ne faudrait pas que votre poids devienne problématique. » Il pencha la tête légèrement de côté avec un sourire faussement angélique. Il savait que le poids était souvent un sujet tabou avec les femmes, peut-être cela marchera-t-il avec elle. Dans tous les cas, il était loin de ne plus avoir d’idées pour l’emmerder. « Je suis bien au courant de cette... inspection. Qui serais-je si en tant que Chef, je ne sache pas cette information importante. Je dois dire être surpris de la personne que notre Empereur a choisit pour cette tâche, j’imagine que comme ça il n’y aura pas de conflits d’intérêts. » Ses derniers mots furent prononcés avec un ton beaucoup plus menaçant et lourd de sens que le reste de ses paroles. On pouvait très clairement sentir qu’il la mettait sur ses gardes, et qu’elle avait tout intérêt à ne pas mentir ou déformer la réalité. « Par quoi voulez-vous que nous commencions donc, très chère ? » finit-il en se levant de sa chaise pour contourner son bureau, le dos droit et l’allure princière. « Je n’ai rien à cacher. »



H.R.P: J'espère que cela te convient comme c'est ma première réponse sur ce forum
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Loka
Chef des chevaliers d'Irianeth
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26.07.17 14:43
"Dame Loka"... Répugnante créature comment oses-tu ?

J'aurais rêvé pouvoir lui cracher ceci à la figure tout en lui faisant gober son immonde œil... Mais je devais reconnaître que Sire Sam se débrouillait tout aussi bien que moi lorsqu'il fallait en venir aux petites piques. Je n'allais pas pour autant lui faire l'honneur de baisser les yeux sur mon ventre, je me savais svelte et tirais même une légère fierté de mon allure; lorsque l'on y mettait mon régime alimentaire en parallèle bien évidemment. Je soutenais, au contraire, la vue de son œil unique et de son répugnant petit sourire narquois. Ah il pensait donc avoir touché un point sensible ? Sale petite teigne tu crois qu'il suffit de me traiter de porc pour que je me jette droit dans la boue pour m'y rouler ?

Avant de monter sur mes grands chevaux et m’épandre en facéties médisantes je détourna un court instant le regard du chef des sorciers pour le poser sur les étagères et leur contenu... Aussi divers que varié dans l'horreur. Allant du simple, et rassurant, bouquin trônant du haut de ses probables siècles sur de larges étagères juste en face de moi, jusqu'à la répugnance que je pouvais attendre de ce genre de lieu. Divers objet d'anatomie, et je priais tout les dieux qu'ils proviennent de bêtes, tapissaient la plupart des étagères, et si je n'avais pas eu tant l'occasion de voir des viscères par moi même j'en aurais probablement rendu tout ce que j'avais avalé. Pourquoi diantre les conservé dans des bocaux ? Une tentative artistique ? Une fascination morbide ? Un ennui profond ? Et puis quitte à les conserver pourquoi bon sang il les affichait ?

Une, raisonnable, voix dans ma tête me rappela que la pièce ne semblait pas vraiment avoir été pensée pour accueillir un quelconque public. Une autre, bien moins raisonnable et probablement encore troublée par la vue des organes, lui répondit avec toute la hargne dont je pouvais intérieurement être capable que rien ne justifierai jamais les passions morbides de ce répugnant sorcier; et finit par conclure que ce genre de collection devait être inhérente à la fonction, accentuant encore ma répugnance pour la totalité de cette classe sociale.

Après avoir passer, quelques secondes, en revu le reste de la pièce je posais à nouveau les yeux sur Samwell qui terminais de remettre, avec je devais le reconnaitre raison, en doute mes capacités à me charger d'une telle inspection.

"Sire Samwell voyons, je réprouve l'idée qu'un visage si poupin se porte sur mes formes; faites honneur à votre rang et ne sombrez donc pas dans le voyeurisme ! Je ricana un court instant sans quitter l’œil unique du regard tandis-ce que Samwell se levait, tiquant au "très chère" et levant presque les yeux au ciel à l'assurance de sa bonne foi. Mais vous avez raison, je devrais cesser de me priver; en cette période de l'année je devrais déjà faire deux et non un seul tour de plus. Je claquais avec entrain des mains. Mais trêve de papotage inutiles sur mon très cher ventre je suis certaine que vous avez bien mieux à faire mon cher Sire Sam ! Mon sourire mauvais revint à cet instant sur mes lèvres. Comme, par exemple, enfin me montrer cette collection de potions dont vous me parlez depuis si longtemps. Mon sourire s'élargi encore, évidemment Samwell ne m'avait jamais parlé de quelconques travaux alchimiques mais là était tout le charme de cette inspection, j'en savais déjà un peu plus que je ne l'aurais dû. Si vous n'aviez réellement rien à cacher vous seriez un piètre sorcier mon vieil ami."

Et pendant le court instant que pris Samwell je ne quitta pas sa face des yeux, je voulais, j'espérais dieu que j'espérais voire son visage de marmot se déconfire à la simple évocation de ses travaux. J'étais vraiment emplis d'espérance aujourd'hui, ça ne me ressemblait définitivement pas... Ma foi, le simple fait d'éprouver la moindre satisfaction à ce qui ne devrait être qu'une tâche barbante de plus n'étais pas dans mes habitudes. Alors quitte à s'éloigner des sentiers battus autant ne pas le faire à moitié et ne pas me retenir dans l'extravagance, au moins pour aujourd'hui. C'est à cette pensée que mon sourire s'élargi encore face à Samwell; paraissant maintenant à un œil non avertis quasiment sympathique. Mais un œil aussi avertis que le globe saphir face à moi devait bien se douter qu'aucune pensée plaisante ne pouvait me venir en tête dans un tel face à face.


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Samwell
Chef des sorciers impériaux
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26.07.17 15:35
Samwell se permit de jauger la jeune femme (« jeune » femme) qui lui faisait face sans gêne. Sa petite pique sur son poids ne semblait vraisemblablement pas l’avoir touché, ou du moins elle n’en laissa rien paraître. A cette pensée, Samwell eut durant une demi-seconde un sourire malsain plaqué sur son visage. Peut-être l’avait-elle remarqué ou non, puisqu’elle était-elle-même en train d’observer à nouveau le laboratoire. Etait-elle réellement grosse ? Samwell ne saurait le dire. Son aversion pour la Chef des Chevaliers était telle qu’il n’arrivait tout simplement pas à la considérer comme jolie, ou ne serait-ce qu’en la considérant comme une femme. Pour lui, tout ce qui comptait était l’idée plaisante et malsaine qu’elle continuerait à vieillir de corps, que ses os finiront par devenir friables, que ses seins tomberont avec horreur sur son ventre remplis de vergetures. Sans oublier les rides et les tâches de vieillesse. Autant de choses que Samwell ne connaîtra jamais, et bien que l’idée de ne pas pouvoir être grand et fort le dégoutait, il trouvait un certain réconfort à se dire que Loka ne ressemblera à rien. Enfin, encore faudrait-il qu’elle ressemble à quelque chose aujourd’hui.
Il y a bien une chose que Samwell voulait bien accorder à Loka : avec elle, on ne pouvait s’ennuyer. En effet, il ne prendrait pas tant de plaisir et de son temps si elle ne réussissait pas à répliquer à chacune de ses piques. Il était toujours agréable lors de débat que les deux joueurs soient sur un niveau de presque-égalité – presque, car bien évidemment, Samwell était le meilleur. Du moins était-ce ce dont il pensait, et n’en démordrait pas aujourd’hui. C’est pourquoi il ne fut pas surpris en l’entendant l’accusé de voyeurisme, et à ces mots son sourire et son regard se firent mesquins. L’accusé de voyeurisme le faisait bien rire sachant que peu de personnes trouvaient grâce à ses yeux. La seule personne qu’il concédait la beauté était sa mère. Une sorte de complexe d’Oedipe si l’on veut. Attention, il n’a jamais eu de désirs sexuels envers sa mère, surtout pas depuis qu’elle l’avait presque renié de part sa propre apparence. Mais il avait tendance à la placer très haut dans l’échelle sociale.

« Ne vous inquiétez pas, je ferais honneur à mon rang en restant discret dans mon voyeurisme. » Avouer être un voyeur, cela ressemblait bien à Samwell. L’idée qu’il puisse l’être devait très certainement être dérangeant surtout pour ces dames, qu’un enfant puisse les regarder avec des yeux d’adulte. Alors s’il pouvait la rendre mal à l’aise avec ceci, il n’allait pas s’en priver, surtout que le ton de sa voix se fit plus... tendancieux. « Mais en effet, parler de votre physique ne m’intéresse guère. Ce sera bien plus amusant d’observer les résultats de votre projet de réserves pour l’hiver. » Il faudra certainement prévoir des équipements spéciaux pour qu’elle puisse se déplacer en roulant. Cette idée lui arracha un petit ricanement qu’il masqua derrière sa main. Il n’aimait pas tellement rire devant les gens même si cela était un ricanement mesquin. Tout simplement car à cause de sa voix d’enfant, son rire semblait lui aussi enfantin – du moins lorsqu’il ne riait pas diaboliquement.

Elle voulait que le sorcier lui montre sa collection de potions. Il ne savait pas tellement où elle voulait en venir et encore moins ce qu’elle avait derrière la tête, mais il savait que le mieux était de jouer la carte de l’innocence. Samwell n’avait rien à cacher, enfin si, mais il préférait le lui faire croire. Après tout, comme elle le disait si bien, un bon sorcier avait des secrets, et un très bon sorcier savait les garder... secrets. Qu’elle pense qu’il n’en ait pas était tout à son honneur. Il prit alors un visage presque joyeux tandis qu’il reprit la parole avec entrain. « Mes potions donc ! » D’un mouvement de main impériale, il invitait Loka à le suivre jusqu’à son armoire de potions souvenirs. Il attrapa un tabouret en bois pour pouvoir atteindre les potions les plus en hauteur. Il le cacha à merveille, mais le fait de devoir utiliser un tabouret lui faisait un énorme coup à sa fierté. Il n’aimait pas avoir recourt à des aides, quel quelles soient, et montrer cette « faiblesse » devant Loka lui était insupportable. Il prit alors une clef qui se trouvait dans sa poche pour ouvrir les portes de l’armoire.

« Pour commencer voici la potion que j’ai baptisé Ignatus. Je l’ai fabriqué durant mon apprentissage avec l’aide de mon maître. Sa propriété est de faire vomir la personne jusqu’à ce qu’elle vomisse du sang. Cela provoque donc des ulcères à l’estomac et la victime meurt soit par trop grande perte de sang, soit en s’étouffant dans son propre vomi. Son opposant est Ignutas – oui je manquais d’inspiration – pour annuler les effets. Ensuite, voici Kharm (prononcé charme) qui est une drogue puissante à base de poudre d’os humain. Ses effets durent environ 2 à 3h suivant si la personne est à jeun. Kharm a une couleur rose, et toutes les autres potions de ce coin-là qui ont des tons roses à rouges sont des dérivés de Kharm, j’essaie d’augmenter ses effets. Ah vous devez certainement connaître la potion de vérité, très utile pour les interrogatoires. Elle est transparente, et les potions qui l’accompagnent sont plus troubles. Ce sont des dérivés de la potion de vérité, j’essaie là encore de pouvoir la rendre plus efficace en y ajoutant quelques produits. J’ai remarqué que la poudre d’os lui faisait prendre de faibles propriétés empoisonnées. Non concluant donc. Vous ne vous endormez pas j’espère, nous passons aux plus intéressants. » Samwell eut un petit sourire angélique alors qu’il saisissait une potion qui se trouvait à sa hauteur. « Cette potion est composée notamment d’un liquide qui se trouve dans la boite crânienne. Mélangé à quelques produits de la terre, cette potion nommée Twin est un booster intellectuel. Durant quelques minutes on devient plus vif et capable de comprendre plus facilement des explications. Cependant cela ne rend pas forcément plus intelligent. Je l’ai fais en penser à vous. Vous voulez gouter ? »

Oui c’était encore une vacherie à l’encontre de Loka. Cependant, Samwell ne mentait pas : il l’avait vraiment fait en pensant à Loka. Qui sait, peut-être que cela l’aidera à devenir plus cultivé si jamais elle se mettait à ouvrir un livre pour s’instruire. Il y avait encore pas mal d’autres potions, Samwell ne faisait que commencer, et il avait bien l’intention de poursuivre en n’omettant pas les détails morbides de leur préparation. En attendant il attendait de voir la réaction de Loka.



Monsters inside me
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Loka
Chef des chevaliers d'Irianeth
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02.08.17 19:53
Il n'avait pas même esquissé le moindre signe d'agacement...

J'étais forcée de reconnaître qu'à notre petit jeu, si l'on pouvait qualifier cette relation malsaine et ces échanges perfides de jeu bien entendu, Sir Sam se défendait plus qu'honorablement. Il parvenait toujours à garder ce petit rictus déplaisant sans jamais perdre la face. Je savais bien qu'il avait nombre de secrets disséminés dans ce fichu laboratoire. Je le savais, le sentais, le ressentais même au plus profond de mon être, cette salle puait la magie noire, elle puait le traître, le complot et surtout; surtout, elle puait la mort à plein nez. Non pas que la vue ou l'odeur de la mort me répugnait particulièrement, je ferais une bien piètre Chevalière si je devais tourner de l’œil au premier cadavre, mais la puanteur cadavérique de ce lieu avait quelque chose de malsain. Je ne savais pas tout ce qu'avais pu entreprendre Sir Sam dans ce laboratoire, c'était d'ailleurs bien pour ça que j'étais là aujourd'hui; mais je ne pouvais que me douter qu'il avait lui même récolté tout les composants anatomiques présent ici. Et pour le moment je me forçais à fixer son immonde face pour ne pas imaginer ce qu'il avait bien pu faire de tout ces organes. L'art des sorciers me répugnait, il en avait toujours été ainsi, je les trouvais traîtres, indignes, sauvages, veules et surtout, surtout, immondes. Immondes par leur art, immonde par leur méthodes, immondes par leurs objectifs…

J'avais déjà manqué de tuer l'un de mes anciens maîtres de magie lorsque je l'avais entendu ourdir ses répugnants complots dans le dos de notre Empereur. Je savais bien que ce vieux sénile aigri n'était pas le seul ambitieux maladif de sa profession ; ils l'étaient tous, sans exception. Et c'était donc de chacun d'entre eux que je me méfiait avec paranoïa. Mais Samwell… Samwell était encore différent. Ce qui m'enrageait le plus avec cet immonde petit marmot c'était bien le fait que je n'avais, encore aujourd'hui, jamais trouvé à son encontre le moindre grief officiel, pas la moindre ambition mal placée, pas le moindre signe de trahison, de complot ou de sombres projets. J'avais pourtant mes petites oreilles, les murs laissaient glisser certains de mes yeux jusqu'aux portes de ce laboratoire mais jamais je n'avais rien pu trouver. Voilà ce qui m'amenait ici aujourd'hui.

Je me rendis compte que j'avais laissé mon esprit divagué bien trop longtemps lorsque je vis Sir Sam m'indiquer son étagère à potions d'un geste théâtral bien trop appuyé à mon goût. Je ne relevais pas et me contentais de hausser dédaigneusement un sourcil avant de le suivre et d'étouffer un léger ricanement aussi nerveux que méprisant : Samwell venait d'attraper un petit tabouret pour pouvoir se hisser jusqu'à ses potions, qui se trouvaient à peine à ma hauteur. Une fois le ricanement discrètement lâcher dans le creux de ma main, et une courte larme euphorique essuyée du revers de cette dernière, je repris définitivement mes esprits et me mit à fixer avec un certain intérêt la « petite » collection de ce bon Sir Sam. Si les arts occultes ne recevaient de moi qu'un certains mépris emplis de méfiance, l'alchimie elle pouvait avoir ses bon côtés. Je compris malheureusement bien vite que l'alchimie de ce cher Samwell était à son image, répugnante.

Ignatus était en effet toute à son image, quel breuvage immonde. Comment diable pouvait-on tuer quelqu'un de cette manière ? Aucun honneur, aucune forme, pas même la finesse que l'on peut espérer d'un empoisonnement. Ce n'était qu'un instrument de torture mortel dont son inventeur devait se délecter avec passion en rêvant probablement de me le verser un jour dans mon verre… Ou plus probablement dans celui de notre Empereur. C'était ce qui m'obnubilait, j'étais certaine que cet immonde sorcier était suffisamment arrogant et ambitieux pour vouloir l'Empire pour lui seul, comme tant de ses collègues. Kharm… Une drogue… Sale petite merde pensais-je avec un hoquet. Ce petit fabriquait de la drogue ? Je n'avais pas même envie d'essayer d'en imaginer ses effets, ce qui sortait de la tête de Samwell était forcément perfide, mais que pouvais donc bien imaginer son esprit drogué ? Quelles horreurs était-il capable de fomenter lorsqu'il se laissait allez à ce genre de facéties ? Un court frisson me parcouru le dos lorsqu'il sortit devant mes yeux sa potion de vérité. J'avais entendu des rumeurs à ce sujet par certains de ses collègues et je devais me battre avec moi même pour ne pas sauter dessus à l'instant même et lui faire avaler tout son contenu de force. Cela me faciliterait bien la tâche… Mais je ne pouvais me permettre de telles extrémités… L'Empereur ne laisserait pas cela arriver. Je devais me contenir, me contrôler et reprendre le dessus ; lui faire avouer ce que je voulais entendre sans qu'il ne s'en rende lui même compte…

Je m'étais à nouveau perdue dans mes pensée quand, comble de la honte, Samwell me somma à sa manière de me montrer plus attentive. Je serrais les dents et sentis un petit morceau d'ivoire se briser sous la pression de ma mâchoire avant de lever les yeux vers le flacon que me montrait Samwell. Un nouveau frisson, de dégoût cette fois, me parcouru le dos à l'énoncé de sa composition mais mon attention fut vite absorbée par sa description. Je ne tiqua pas même à la désobligeante remarque avec laquelle Sire Sam conclu son exposé. Avec intérêt je fixais Twin en faisant les yeux ronds.

''Quel honneur que l'un de vos réputé breuvages me soit dédié mon cher Sir Sam. Je cracha presque son nom. Twin me semble être une potion des plus fascinantes, bien plus à mon humble avis que votre tord boyaux mortel si je peux me permettre une telle expression ! Je lâchais un court rire sans joie avant de reprendre. Mais soit je me porte volontaire pour vous servir de cobaye. A moins bien sûr que vous ne tentiez ici de m'empoisonner de la plus vile des manière ? Je ris à nouveau, un rire cette fois confondant de sympathie mais toujours aussi creux que le précédent tandis-ce que je m'emparais du flacon d'une main ferme. Le flacon entier mon cher ami ?

Je portais le flacon à mes lèvres et l'arrêta à mi-course pour fixer Samwell dans son œil unique. Il était évident qu'il ne tentait pas ici de m’empoisonner. Samwell était d'un orgueil maladif et il était certains que me forcer à attester de la véritable efficacité d'un de ses mixtures lui chatouillerait l'égo de la plus belle des façons. Mais d'un autre côté j'avais moi même bien envie d'un petit boost de ma capacité de concentration à l'heure actuelle, tout aide pour suivre les pensée de ce petit démon me serait utile.


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Samwell
Chef des sorciers impériaux
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07.08.17 15:14
Loka semblait piquer du nez, ce qui faisait indéniablement plaisir à Samwell. Il n’avait pas envie de faire passer ses travaux pour quelque chose d’intéressant, et il espérait bien pouvoir la dégouter encore plus de lui en lui expliquant quelques détails morbides sur leur conception. Une petite vengeance pour son intrusion dans son laboratoire, mais aussi pour s’être moquée de l’usage du tabouret. Samwell devait bien avouer que sa fierté d’homme en fut des plus touchée, et il se maudissait encore d’avoir pour aptitude cette jeunesse éternelle énervante. D’autres personnes en seraient peut-être heureuses, mais pas Samwell qui n’y voyait qu’un coup des Dieux contre lui pour le punir d’être si parfait. Oui, c’était forcément cela.

Ricanant dans l’ombre, Samwell fut donc plus que satisfait en constatant parfaitement le désintérêt total de la Chevalière pour lui. Cela montrait aussi qu’elle ne considérait pas qu’il ait quelque chose à cacher dans ses explications. Peut-être avait-elle des doutes sur sa personne, mais cela ne devait être que des doutes, et Samwell mettrait un point d’honneur pour que cela ne reste que des doutes. Il était si près du but (si on oubliait le fait que l’Empereur était toujours vivant), alors il n’était pas question de laisser Loka tout foutre en l’air. Il se promit qu’une fois Empereur, car oui il était certain de devenir Empereur un jour, il allait faire de Loka son esclave personnelle. Enfin, sa servante. Quoique, esclave était un titre qui lui sied bien. Samwell força ses zygomatiques à ne pas bouger pour éviter d’arborer un sourire machiavélique qui ne ferait qu’engendrer plus de doutes dans l’esprit de la Chevalière.
Ainsi donc, il la ramena à la réalité tout en lui proposant de boire son breuvage spécial pour booster les capacités intellectuelles. Chose qui ne lui serait que plus profitable d’ailleurs, étant donné qu’elle semblait piquer du nez dès que Samwell partait sur des explications un peu poussé. A moins que ce ne soit pour éviter d’entendre les passages les plus glauques ? Bonne question.
Elle ne se départit donc pas de ses répliques. C’était tout à son honneur, et Samwell ne cessait « d’apprécier » les échanges avec Loka simplement car il y avait du challenge, contrairement à avec d’autres où cela devait soit se terminer en combat, soit... Soit c’était simplement inintéressant. Cependant, le Sorcier ne put retenir un tic nerveux en entendant à nouveau « sir Sam » de la bouche de Loka. Ce n’était pas tant le terme « sir » qui le dérangeait, mais plutôt le « Sam », ce à quoi il répliqua bien évidemment.

« Je ne savais pas que nous étions déjà si familier que nous pouvions nous surnommer, Dame Kaka. A moins que vous ne vouliez que l’on continue de se nommer par nos noms entiers ? » Il espérait secrètement qu’elle préfère qu’ils ne se nomment que par leur nom entier, soit Samwell et Loka, bien que le surnom « Kaka » ne lui arracha un léger sourire amusé de part sa très forte ressemblance à la sel. A elle de voir si elle préférait se voir rappeler un des besoins primaires des mortels à chaque fois qu’ils se verront.

Malgré tout, ils continuèrent à parler de la potion Twin, et Samwell ne put retenir un sourire narquois à sa mention au fait qu’elle préférait Twin à Ignatus, à cause de son côté peu ragoutant certainement. Elle ne voyait pas en cette potion une utilité toute trouvée pour les tortures et les extirpations d’informations. Ou simplement pour le plaisir de faire du mal à quelqu’un, mais de toute manière, la Chevalière semblait de nature trop noble pour ce genre de pratique. Samwell avait beau être un noble et aimer la propreté, lorsque c’était pour faire du mal à quelqu’un, il pouvait faire exception – bien qu’il ne se tienne loin de la personne émétique. D’ailleurs, soudainement, alors qu’il avait remué la poussière en se saisissant des potions, le Sorcier ressentit un besoin viscéral de se nettoyer. Pour patienter, il épousseta ses vêtements, mais concrètement, il voulait un décrassage complet.
La Chevalière poursuivit en acceptant volontiers de servir de cobaye, ce qui le fit doucement sourire là encore. Evidemment qu’elle ne pouvait que se porter volontaire, étant donné qu’elle s’endormait debout au fur et à mesure de cette entrevue. Cependant, à sa mention sur l’hypothétique poison, le visage de Samwell prit une teinte sérieuse tandis que son esprit s’échauffait. Il avait bien donné la potion Twin à Loka ? Après tout, les poisons n’étaient pas loin, et il y a quelque temps il eut des soucis de rangement avec ses potions. Il devrait vraiment songer à les étiqueter.

« Le flacon entier mon cher ami ? » « Eh bien... » Il marqua une très forte hésitation en observant son armoire à potion, réfléchissant activement. Après tout, il avait aussi des poisons incolores, soit ressemblant à la potion Twin. Son regard revint vers Loka, il se saisit alors de la potion qu’elle avait dans les mains, en huma le contenu, avant de se saisir d’une autre potion de couleur identique pour en humer le contenu là encore, les sourcils légèrement froncés par la concentration. C’était d’ailleurs dans ces moments-là que l’on s’apercevait qu’il avait une maturité bien plus élevée qu’un enfant de 10 ans lambda. Rangeant le poison à sa place, il tendit à nouveau la potion à Loka avec un sourire. « Faites donc, cul sec ! Après tout, vous devriez être douée à cela. » Des rumeurs sur l’alcoolisme présumé de la Chevalière ? Oh, il y en a eut, tout comme il y a des rumeurs sur une possible zoophilie du Sorcier Hass, ou encore une rumeur faisant de Samwell un drogué se prenant pour un adulte. Elles pouvaient être vraies comme fausses, et concernant Loka, Samwell préférait penser que cela pouvait être vrai. « L’autre potion que j’ai reniflé est un poison plutôt puissant. Il m’a fallu plusieurs jours pour la préparer car il fallait faire évaporer le sang pour en récolter des attributs à mélanger avec diverses plantes. Il m’a fallu plusieurs jours pour ne serait-ce que trouver le bon mélange entre le sang et les plantes, les bons dosages. Elle a prit une couleur transparente qui me surprend moi-même, mais a un gout assez prononcé, à mélanger avec des aliments à gout tout aussi fort pour le suppléer. » Tout à fait conscient d’avoir une collection assez impressionnante de poison en tout genre, ainsi que de plantes toxiques, Samwell avait prit l’habitude d’invoquer Myrha pour détoxifier son sang après manger. Au cas où. « Mais je ne travaille pas uniquement sur des poisons. En ce moment je travaille sur une potion de fertilité à base d’embryon de poule suite à la demande d’une amie de mes parents. Je serais grassement payé évidemment. Cela vous intéresse aussi de tester ? Après tout l'âge ne réussit pas à tout le monde. Enfin, encore faudrait-il trouver un géniteur... » Ce dont il doutait fortement qu’elle puisse trouver. Après tout, à ses yeux, elle n’était pas une femme.



Monsters inside me
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Loka
Chef des chevaliers d'Irianeth
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24.08.17 17:01
Dame Kaka… Je toisais Samwell d'un regard las lorsqu'il sortit ça. Moi qui quelques instants auparavant avais eu la faiblesse de lui reconnaître une certaine éloquence. Dame Kaka… Samwell n'était-il réellement qu'un enfant de douze ans ? L'idée me traversa un instant l'esprit. Peut-être bien oui… Il n'était peut-être qu'un véritable gosse, animé d'une malfaisante et précoce intelligence ; probablement originaire de quelconques rites ou maléfices… Tout ceci pourrait se tenir, et expliquer son trait d'humour puéril surtout.

« Sir Sam… Je vous croyais plus élégant que cela tout de même. Je soupirais théatralement. Mais l'idée est bonne je ne peux le nier, si je vous surnomme vous pouvez bien vous le permettre aussi. Ce sera Lady Ka pour vous. » Et un immense sourire narquois naquis sur mes lèvres, ni feint ni forcé pour une fois, simplement mauvais.

Je tenais toujours le flacon au bord de mes lèvres lorsque Samwell vint me l'arracher sans plus dé cérémonie, je restai là, clignant frénétiquement des yeux le bras toujours arqué tandis-ce que le sorcier s'affairait autour de ses mixtures. La surprise passé je me rendis compte qu'il vérifiais leur contenu. Pas même capable de savoir s'il ne m'avait pas réellement tendu un poison hein ? Sale petit incompétent va, tu y serais passé avec moi si tu avais osé me faire boire un poison, et tu aurais souffert plus que moi je te le jure sale petit… M'enfin… Je devais au moins lui reconnaître qu'il avait à cœur de vérifier ce qu'il allait me faire boire. Non pas que je l'aurais cru capable de m'empoisonner volontairement dans son propre laboratoire, mais un accident… Un accident… Un malheureux, regrettable, involontaire et imprévu accident… L'envie de boire sa fameuse potion disparaissait aussi vite qu'elle était venu.

Je baissais donc le bras, méfiante, me contentant d'observer le répugnant petit sorcier humer consciencieusement nombre de breuvages dont je ne voulais pas même connaître la contenance ; et surtout pas la fabrication. La mention des cerveaux broyés pour obtenir Twin me revint et je dû contenir un haut le coeur en me rendant compte que j'allais la vider dans mon gosier sans la moindre méfiance. Comment avais-j pu si aisément baisser ma garde ? Quelle sotte…

Enfin Samwell me tendit à nouveau Twin. L'air satisfait et rassuré. Le problème d'un air aussi satisfait que rassuré sur la figure du sorcier était évident : cela ne pouvait rien présager de bon.

Pourtant je repris le flacon en main sans un mot, admirant avec un dégoût parfaitement masqué sa petite figure se fendre d'un large et hideux sourire. Cul sec… Douée… Comment ?! Non. Les rumeurs avaient la belle vie sur Irianeth, il ne m'espionnais évidemment pas. Il l'avait entendu, de par ses petites oreilles ; comme tous. Mais tout de même, me faire rappeler mon seul et unique vice par ce petit monstre était… Humiliant. Mais encore une fois il fallait faire fi, ne pas se montrer le moins décontenancé du monde. J'avalais donc, selon son conseil, sa fameuse potion d'un seul coup de coude. Et je me retint de ne pas cracher, et je me fis violence pour avaler, et je peinai à déglutir… Quelle horreur, quelle… Immondice. Je n'avais aucune envie de connaître le goût d'un cerveau, et malheureusement il était bien possible que ce soit désormais fait. Et je sentais le mien, de cerveau, se convulser très légèrement. Et je n'avais aucune idée du pourquoi, la potion ? Ou l'idée que je connaissais maintenant le goût du liquide cérébral ? Dans tout les cas je m'efforçais, allez savoir pourquoi, de faire comme si le breuvage n'avait pas eu le moindre effet.

J'écoutais la longue diatribe passionnée de Sir Sam à propos du poison qu'il avait cru me tendre, encore une abjecte façon de tuer. Enfin. Abjecte, non : Ignatus était abjecte. Celui-ci était seulement, lâche, veule, traître. Digne d'un bon sorcier en somme.

Puis vint la pique, naturellement.

« Diantre Sir Samwell ! Je n'aime pas avoir à le dire à un homme de votre rang mais un peu de tenue voyons. Je souriais à pleines dents. Rappelez vous que malgré les impressions que peuvent donné votre si petit corps, je ne suis que d'un an votre aînée. Et puis, les affres de la reproduction ne me concernent pas. Je soufflais, un rictus mauvais me déformant le visage. Mais si j'ai un jour besoin de faire perdurer ma noble lignée j'y penserais soyez sans crainte. »

Il me vint, surprenement, à l'esprit que le sorcier devrait plutôt s'inquiéter de sa propre capacitée à se reproduire. Il était fort peu probable que les organes d'un tel corps soient en état de procréer après tout. Puis dans un, magistralement masqué, hoquet me vint en tête la simple idée d'une progéniture à cette immondice. C'était bien quelque chose dont je ne voulais jamais être témoins.

« Même si les affres de votre travail auprès des nantis de l'Empire me paraissent passionnante j'aimerais que nous revenions à notre sujet, si l'inspection de votre ; superbement garnie, étagère à potions est terminée peut-être pouvons passer à la suite. Mon esprit émit un clac retentissent dans ma tête. Et à propos de Twin, les effets sont-ils immédiats ? Je n'ai pas l'impression de penser différemment, ni même plus vite. »

Ce qui était, en partie, vrai. Si je me sentais quelque peu modifiée par cette potion je n'avais pas l'impression qu'elle avait eu le moindre effet sur ma concentration ou ma vitesse de réaction cognitive. Un merveilleux échec de la part de Samwell ? Quel bonheur ce serait.


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